monologue d'un bicycle
Non mais c’est qui celle là ? Elle est vraiment spéciale. Il y a sans doute une différence de comportement entre un et une propriétaire. Enfin, tout de même, elle ne sait jamais vraiment ce qu’elle veut.
On m’a mis en vente dans un garage. Mon conducteur voulait passer à une plus gros cylindré. Ok, ok, je ne suis pas vexé, je ne le prends pas mal. Je reçois quelques visites pendant un mois puis c’est elle. Elle m’essaye en faisant le tour du pâté de maison. Aie, aie, aie la catastrophe. Des fois j’aimerai avoir un cerveau pour éviter d’être aussi malmené. Toussage, arrêt, redémarrage, hésitation. L’avantage c’est que chaque nouvelle seconde était une nouvelle découverte. Impossible d’anticiper les futurs mainœuvre.
Quelques jours plus tard j’affichais 250 km en plus au compteur. C’est pas l’époque de sortir mais qu’importe. Le froid n’engourdit pas son cerveau. Figurez vous qu’elle me parle !! Comme si une moto pouvait penser. Enfin, parfois je continue à avoir des moments de frayeur... mais ils sont de plus en plus rare.
Ce we nous sommes partis sur les routes. Le paysage était magnifique. Le temps est glacial mais la cavalière tient le coup. Je fais de mon mieux pour tenir la route. Elle est amusante. En fait je dirais qu’elle est attachante. Elle dérive parfois dans ces pensées. Concciente du danger que cela entraine, elle essaye de vite se reconcentrer sur la route et là elle décrit le paysage, les panneaux, les véhicules que l’on croise.
Je suis au repos pour quelques jours. Tant mieux car je suis un peu enrhumé. J’espère que cela n’ira pas en s’empirant. J’attends ma prochaine sortie avec curiosité.