philosophie coiffeurale
Quelques secondes d’hésitation. Je suis chez le coiffeur. Je me regarde dans la glace, teintée à la perfection pour effacer les imperfections du visage, et j’hésite. Vais je opter pour une classique coupe au carré en exigeant qu’une modeste égalisation des cheveux ? Vais-je enfin oser franchir le cap pour une coupe courte ?
Pourquoi changer de coupe ? Je me suis habituée à celle ci. Les derniers écho étaient plutôt positif. Quelle inconscience certaine de vouloir oser un changement surtout quelques heures avant de me rendre à une cérémonie de mariage.
La coiffeuse arrive a ma rescousse. Que va t elle dire ? Je connais par cœur leur discours. Maladroitement, comme à mon habitude je lui exprime mon désir d’une coupe courte sans être persuadée que cela s’accordera à mon visage. Elle sourit, se place derrière moi et observe mon visage dans le miroir. Au bout de quelques instants elle m’annonce que j’ai un yeux plus ouvert que l’autre et une légère dissymétrie. Elle me demande si je souhaite donner plus de douceur ou de caractère à mon visage. Ah oui ? C’est négociable ? Amusant je trouve.
Voyant mon indécision elle me remet dans les mains les magazines de mode de coiffure. Des images d’hommes et de femmes qui ont la coupe qu’on pourra jamais avoir. Sauf que cette fois ci j’ai en main 4 épingles : 2 bleus et 2 jaunes. Le but étant de sélectionner 2 coupes qui me plaisent et 2 que je n’aime pas. Intéressant. Je m’attèle à l’exercice.
La coupe que je souhaite depuis plusieurs années est la coupe « décoiffée ». Est ce que cela est réalisable avec ma nature et mon implantation de cheveux ? J’attends la venue de l’experte.
C’est tout a fait envisageable. Bizarrement j’ai arrêté d’hésiter. Je vais tout faire couper. Qu’importe si le résultat ne ressemble pas à la photo sur papier glacée, je veux essayer. C’est le seul moyen de savoir si c’est possible. C’est parti !
Un shampoing et une coupe plus tard, je constate le cimetière de cheveux tout autour de mon siège. Je ne me reconnais pas dans le miroir mais j’aime bien. Je jette quelques coups d’œil aux alentours pour tester la réaction des gens. Les autres coiffeuses approuvent forcément le travail de leur collègue. Ma cousine arrive vers moi et sourit. La coupe me va bien.