Dans la peau d'un comédien

Publié le par setjy

 

Je n’étais jamais montée sur scène. Avoir un rôle, dire un texte, transmettre des émotions, interagir avec le public.

 

Déjà y’a le stress du public connu et inconnu. L’angoisse de savoir s’ils vont apprécier la pièce. En coulisse, derrière la scène, large de 1 m où l’on s’éclaire péniblement avec 2 lampes de poche, la tension est au maximum. Costume mis, on attends le top départ pour mettre en place le décor de la première scène. Là s’est l’envie pressante de faire pipi. Contrôlé ses muscles est tout un art. Même si c’est purement psychologique, la sensation est réelle.

 

Ça y est. Heureusement, c’est une scène à plusieurs. Le stress est divisé par le nombre de personne. Eh oui, l’attention n’est pas portée uniquement sur soi. Par contre, y’a l’obligation de ne pas planter sur le texte. Rester solidaire entre nous.

 

Retour en coulisse. Changement de costume. Aide au habillage. Chuchotement. Quelques gorgées d’eau (en silence…). Et là c’est une pause de quelques minutes…. Le temps que le monologue se termine. Le texte on le connaît par cœur. On le caricature au maximum en exagérant les mimiques ou bien on se dandine sur la musique. C’est que mine de rien, dans ce cosi couloir,  dans ce hors scène, c’est notre chez nous, notre masque qui tombe, notre défouloir.

 

C’est l’heure du triptyque. Pas le droit à l’erreur. J’y arriverai. Je dois rester dans la peau de mon personnage. Une jeune fille qui croit en son prince charmant transformer en quasimodo jouant de son non-charme en gogo—danseuse dans les boites de nuit. C’est impressionnant un public qui écoute ce que l’on dit. Un public qui réagit, qui rigole, qui s’étonne. Cela donne du tonus pour donner plus, pour rester concentrer sur son jeu d’acteur. Le public est attentif, il faut donner le meilleur ! Un public qui rigole au moment ou il aurait du. C’est du bonheur. C’est un plaisir.

 

Je me suis surpassée. Oh, pas dans la performance. Pour le public je n’avais rien d’exceptionnel, mais personnellement, j’ai fait tombé une barrière. J’ai grimpé d’une marche. J’ai réussi.

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