Orly

Publié le par setjy

Ce matin, jour férié impliquant une grasse mat’, je me lève comme il se doit à 7h40. Les yeux décentrés par rapport à mes trous occipitaux. Allez…. Je dois me motiver. Je me suis proposée d’aller les chercher à l’aéroport. Qu’importe si j’aurais bien eu besoin d’une bonne dizaine d’heure de repos supplémentaire, je ne peux pas m’autoriser à déléguer ce service.

C’est parti. Première étape, me familiariser avec la nouvelle voiture. Eh oui, je vais chercher mes parents qui reviennent de Martinique…. avec leur voiture neuve. La conduite est différente. Je suis un peu stressée. J’ai peur de faire une égratignure ! Enfin, la pise en main se fait relativement rapidement. C’est que j’ai déjà conduit un bon nombre de voiture.

Direction « orly – aéroport- ouest ». Bon, je devrais m’en sortir. La route est quasiment déserte à part un peloton d’une centaine de cycliste qui me barre la voie. Le défilé de voiture balaie terminé, je m’engage vers le labyrinthe aéroportuaire. C’est impressionnant le nombre d’informations qu’il faudrait que l’on retienne en un clin d’œil. Panneaux indicateurs, de signalisation, marquage, indication. Ce n’est pas évident pour des yeux novices d’arriver à capter l’élément voulu. Pourtant, l’hésitation n’est pas autorisée. Il faut décider rapidement. Toute erreur doit être assumée et gratifiée d’un tour gratuit.

Ça y est. Je m’enterre dans un parking. « Places libres » fléchées sur un panneau indicateur fixe. Comment le savent ils à l’avance ? Un panneau bleu indique « places réservées ». Mouais. Donc toutes les places peinturlurées en bleus sont réservées ? Mais elles sont toutes en bleus !!! Où est ce que je me gare ? Bon, je descends au deuxième parking. J’aime pas beaucoup ces virages serrées. Allez, je me gare. L’exercice consiste maintenant à me souvenir du niveau de sous sol, du nom du parking et de l’allée. C’est pas gagné.

Hall d’arrivée n° 3. Quelques personnes sont assises. Elles surveillent le sas de sortie. On peut deviner la silhouette des personnes débarquant juste avant qu’elles franchissent le seuil. Une longue vitre transparente opaque nous sépare. Arriverais je à reconnaître la démarche de mes parents. Il me semble que je pourrais arriver à la distinguer de centaines d’autres. Pourtant je ne suis pas persuadée d’être capable de l’imiter. Reconnaître mais pas reproduire. Pourquoi je m’interroge dessus ? Simple déformation des exercices au théâtre. Lorsqu’on nous demande d’imiter telle ou telle personne…. Je me retrouve bien souvent face à un manque de référence.  Alors je prends le réflexe d’observer. Dès que j’ai un moment, dès que j’attends, dès que la situation attise ma curiosité. La scène est des plus passionnante. J’ai en face de moi un éventail de personnalité. Certains attendent anxieusement, d’autres amoureusement, d’autres encore en profite pour gagner quelques minutes de sommeil. Le moment que je préfère c’est les retrouvailles. Le croissement des regards. Les yeux qui cherchent à la sortie des yeux attentifs à sa venue. Il y a mille et une façons de se retrouver. Un théâtre grandeur nature….

Perdue dans mes contemplations, mes parents passent le seuil de la porte. Sourire, mouvement de main. Je vais les rejoindre. En une fraction de secondes, les individus qui ont occupés mon espace mentale disparaissent. La vie matérielle reprend le dessus.

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