nouvelle escapade
Le réveil sonne. Il est 8h45. Quelle idée de se réveiller si tôt un jour de congé. Je n’ai dormi que 6h cette nuit. Et si je restais à dormir ? Rien ne m’oblige à y aller. Je n’ai aucun engagement. Personne ne m’attends au sommet du pic de Bertagne.
Non mais il est hors de question que je farniente au lit. Cela fait une semaine que j’attends avec impatience cette journée. Je n’ai qu’à m’en prendre qu’à moi même si je suis sortie hier soir. Debout !
Je me prépare rapidement. Petit dej, sac, pic nic improvisé, carte IGN, batons de marche. C’est parti !
Il indique 4H45 de randonnée sur le guide, mais cela sans compter les 10 km en vélo pour s’y rendre. Peut être suis trop ambitionne. Je prévois de laisser mon vélo en contrebas de la route et de faire pour les derniers km qui restent du stop. Je doute de l’intérêt de faire 300m de dénivellée pour enchaîner sur une rando de 5h après. Il faut que je me ménage un minimum.
J’ai le vent de face et une légère montée. Génial. Tiens, le contrebas à l’air très sympathique. Ombragé, humide, ruisseau… et si je me posais là pour la journée ? Je serais au calme pour lire et écrire. Pas besoin de me fatiguer à marcher inutilement !
Et puis quoi encore ? Un parasol ? Un plateau repas ? Une piscine chauffée ?
Sous ce dialogue de sourd entre mes deux cerveaux, je commence à entamer la montée sur la RD2. Je n’aperçois aucun parking. Il doit être plus loin. Cela monte raide. Les cyclistes qui descendent en sens inverse m’encourage. Oui, bon. Je crois que j’ai encore mal calculé mon coup. Va falloir que j’aille jusqu’au point de départ en vélo.
STOP ! Un balisage pédestre. Une marque rouge. Un renfoncement dans le tournant. Un monument religieux avec une vierge à l’intérieur…. Elle veillera sur mon vélo !
Je change de muscle. Je m’équipe. Je troque mes bras contre une autre paire de jambe. Le chemin est étroit, ombragé, fleuri, caillouteux, peu touristique. Je préfère ce coin là au Garlaban. Que c’est agréable d’y marcher. Je marche. Je suis bien. Quelques pauses aux aléas de la biscornudité du chemin. Je changerai plusieurs fois d’ambition pendant le trajet : chemin court ? long ? par la falaise ? La glacière ?
Pause déjeuner. J’ai vu sur un spendide paysage indescriptible. Monts et bais sur la méditérannée. Le ciel est bleu azur. J’ai une végétation luxiriante devant moi. Le chant des oiseaux accompagne mes pensées. Les aliments ont une saveur différente. L’eau à un goût différent. Tout s’apprécie à une autre échelle après quelques heures de marche. Je suis à plusieurs dénivellé de toute habitation. Les randonneurs sont rares. C’est un vrai moment de plaisir (comment ça je suis bizzare ?)
Finalement j’irai jusqu’au sommet. 1045m. En sachant que j’étais parti à 200m voir moins, c’est un défi acceptable. Je rentre sur les rotules mais dans un état de bien être inimaginable. J’ai une sensation d’avoir évacué toutes les futilités qui gachent la vie durant mon ascension. Je me sens plus légère, plus calme, reposée.
C’est quand la prochaine rando ?